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Victória de los Ángeles

L’anti-diva

 
 
On connaît bien La Callas (Maria) ou La Caballé (Montserrat)…mais on connaît moins Victória de los Ángeles, grande soprano lyrique et amie de Pau Casals.
 
 
 
Victoria de los angeles diva barcelone
 

UNE ENFANT PRODIGE

 
Fille du concierge de l’Université de médecine de Barcelone, elle vivait humblement dans une chambre de bonne avec ses parents. Née en 1923, elle était très jeune lors du coup d’État qui renversa la République en 1936. La période de franquisme qui suivit fut particulièrement dure pour les familles modestes…et les artistes. Nombre d’entre eux sont partis en exil…
 
Montrant une dédication précoce au chant et ayant une impressionnante facilité sur le contrôle de sa voix, elle reçu -de la part de plusieurs grandes familles bourgeoises enclines au mécénat- une bourse pour ses études.
 
Elle est donc entrée au conservatoire du Liceu (grand Opéra de Barcelone) et a fini ses études en 3 ans au lieu de 6.
 
 

UNE JEUNESSE INTERNATIONALE

 
 
Victoria de los angeles diva barcelone
Elle est propulsée sur la scène internationale en 1947 en gagnant le concours de chant de Genève.

Une petite anecdote que Victoria de los Ángeles aimait raconter: 

Lors de son inscription sur le registre des participants au concours, l’employé lui a demandé «d’où êtes vous?» elle a dit « je suis espagnole» et il a répondu « Une espagnole? Mais vous ne gagnerez jamais! ».

 
Le lendemain, après avoir été couronnée pour avoir gagné le grand concours, elle est allé voir l’employé et elle lui a dit « La petite espagnole a gagné…c’est moi!»
 
 
 

UNE FEMME DISCRÈTE

 

Avec un grand talent d’interprétation et de diction, elle chante en portugais aussi facilement qu’en allemand. 

Elle avait cependant un penchant pour l’interprétation des grands classiques espagnols (Manuel de Falla) et a propulsé vers la cîme d’autres compositeur moins connus, comme Granados et Albeniz qui sont aujourd’hui des références!
 
 
 
 
Sublime dans ses interprétations, elle chante les fados aussi bien que les classiques italiens.
 

UNE GRANDE DAME

 
Elle a toujours été un modèle d’anti-diva: discrète et douce, elle a progressivement abandonné l’opéra pour se dédier à ses enfants (le cadet est né avec le syndrome de Down). Elle s’est alors tournée vers les récitals qui étaient beaucoup plus faciles à combiner avec sa vie privée.
 
Pas besoin d’être expert pour reconnaître son timbre unique et limpide: une voix lyrique qui accompagnait les poètes.
 
Cette belle âme, simple et douce s’est éteinte en 2005.
 
 
 

(8’40 elle fait un très bon mix entre le catalan, l’italien avec un peu de français!!)